Le Berger australien est le chien préféré des Français : intelligent, sportif, attachant et fidèle à sa famille, il a de nombreuses qualités qui font rêver les petits comme les grands !
Malheureusement, il est porteur d’une mutation qui le rend très sensible à certains médicaments.
📝 En résumé
- Le Berger australien peut porter une mutation du gène MDR1 qui le rend très sensible à certains médicaments.
- Cette mutation empêche d'évacuer certaines molécules du cerveau, ce qui peut provoquer une intoxication neurologique.
- D'autres races sont concernées : Colley, Berger des Shetland, Border Collie, Berger Blanc Suisse…
- Certains antiparasitaires, anticancéreux, médicaments cardiaques ou anesthésiants sont en cause.
- Signes d'intoxication : abattement, tremblements, convulsions, hypersalivation.
- En cas d'erreur, appelez un vétérinaire en urgence.
- Faites tester votre chien s'il appartient à une race à risque, et notez son statut dans son carnet de santé.
La toxicité médicamenteuse au gène MDR1 chez le chien
Le gène MDR1 (Multi Drug Resistance, aussi nommé ABCB1) code une glycoprotéine-P présente notamment au niveau des cellules endothéliales des capillaires du cerveau qui participent à la barrière hémato-encéphalique. Cette glycoprotéine-P est un transporteur transmembranaire qui pompe les molécules toxiques (comme les médicaments et leurs résidus par exemple) dans les tissus nerveux pour les rejeter dans la circulation sanguine.
La mutation « MDR1 » engendre une glycoprotéine-P tronquée, qui n’est plus fonctionnelle. Elle n’est plus capable de refouler les molécules médicamenteuses en dehors du cerveau. L’accumulation de molécules toxiques conduit à une intoxication neurologique.
De ce fait, l’administration de certains médicaments, même à dose normale, peut conduire à une neurotoxicité chez les chiens présentant la mutation. La gravité de l’intoxication dépend de la molécule, de la dose, de la race et de l’âge du chien.
Quelles races sont à risque ?
Cette mutation est retrouvée chez les Bergers Australiens, Colleys, Whippet à poil long, Lévrier de soie, Berger des Shetland, Bobtail, English Shepherd, Berger Blanc Suisse, Berger Allemand, Border Collie et Chinook…
Mais attention : les chiens issus de croisements avec les races citées ci-dessus peuvent également présenter un risque de sensibilité médicamenteuse (si les gènes transmis affectent de moitié l’activité du transporteur, le chien pourra être intoxiqué).
Quels médicaments peuvent causer une intoxication ?
La glycoprotéine P assure le transport dans l’organisme des molécules que l’on retrouve dans les vermifuges mais pas seulement :
- Antiparasitaires de la famille des avermectines ou milbémycines, utilisés contre de nombreux parasites (puces, gales, vers digestifs, dirofilariose…) et présents dans certaines pipettes et certains vermifuges, ainsi que l’émodepside, utilisé dans certains vermifuges.
- Médicaments anti-tumoraux
- Médicaments cardiaques
- Médicaments antidiarrhéiques à base de Lopéramide
- Certains anesthésiants
Quels sont les symptômes d’une intoxication ?
Les symptômes provoqués par l’ivermectine sont souvent d’ordre neurologique : prostration, abattement, tremblements voire convulsions, hypersalivation… mais ils peuvent aussi être digestifs (vomissements, diarrhées) ou cardiaques (troubles du rythme)…
Comment le soigner en cas d’intoxication ?
Le premier réflexe est d’appeler un vétérinaire en urgence si vous vous rendez compte de l’erreur.
Dans l’heure qui suit l’ingestion du produit et en l’absence de troubles nerveux (convulsions par exemple), le vétérinaire essayera de le faire vomir en injectant un médicament. Si la molécule est déjà hors de l’estomac, il faut faire avaler au chien du charbon activé pour qu’il élimine la molécule toxique rapidement.
Suivant le choc et la gravité de la situation, le vétérinaire décidera de le garder à la clinique (plusieurs jours peuvent être nécessaires). Il faut traiter les symptômes qui peuvent apparaître petit à petit. Dans les cas les plus graves, l’intoxication peut évoluer vers une dépression respiratoire et le coma voire la mort.
Comment prévenir l'intoxication ?
La seule chose à faire pour prévenir est de faire tester votre chien si il appartient à une race à risque ! Il existe des tests génétiques réalisés par des laboratoires spécialisés : parlez-en à votre vétérinaire.
Une fois que le test est réalisé, le statut de votre animal doit obligatoirement être indiqué sur son carnet de santé (en cas de changement de vétérinaire, il doit être au courant). Si votre chien a une urgence vitale et que le vétérinaire ne connait pas le statut de votre chien (en l’absence de test), il ne pourra pas utiliser les médicaments les plus adaptés, c’est pour cela qu’il est très important de le faire tester.
Mis à part une vigilance dans le choix des traitements (votre vétérinaire saura faire les bons choix), il n’y a pas de suivi particulier à mettre en place pour garantir sa santé.
La mutation est courante chez les bergers australiens (et autres races), et peut être à l’origine d’une intoxication médicamenteuse. Ainsi, n’administrez pas de médicaments à votre chien sans l’avis de votre vétérinaire, ne traitez pas un chien avec les médicaments d’un autre chien, ne laissez pas vos traitements personnels à proximité de vos animaux (les bergers sont souvent des gourmands !)… Et surtout : faites tester votre animal pour connaitre son statut vis-à-vis de la mutation.
FAQ sur la mutation MDR1 chez le chien
Les molécules dangereuses pour un chien porteur de la mutation MDR1 appartiennent surtout à la famille des avermectines et des milbémycines (ivermectine, milbémycine, moxidectine…), que l’on retrouve dans certains vermifuges et pipettes. Les colliers antiparasitaires courants n’en contiennent généralement pas, mais vérifiez toujours la composition sur la notice et évitez de cumuler plusieurs antiparasitaires. Faites valider le traitement par votre vétérinaire en lui indiquant le statut MDR1 de votre chien.
Alice Masson, ProVéto Junior Conseil